Nicolas Sarkozy et l'UMP n'ont plus qu'à croiser les doigts. Les dés sont désormais jetés dans le dossier du rejet des comptes de campagne de l'ex-chef de l'Etat. Mardi, l'avocat de celui-ci, Philippe Blanchetier, a plaidé devant le Conseil constitutionnel pour contester les calculs de la Commission nationale des comptes de campagne. En décembre, l'organe chargé de passer au peigne fin les dépenses des candidats à la présidentielle avait jugé que, dans sa course pour rester à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait dépassé le plafond autorisé de 22,5 millions d'euros. Le coût de certains déplacements présidentiels, notamment, avaient en effet été réintégrés dans son budget de campagne.

L'UMP joue gros

Si les Sages, chargés d'examiner le recours de Nicolas Sarkozy, confirmaient la sanction, ce sont 11 millions d'euros, soit le montant des subventions octroyées par l'Etat aux deux candidats du second tour, qui pourraient passer sous le nez de l'UMP. Un manque à gagner énorme pour un parti mal en point financièrement, qui a déjà dû faire une croix sur dix millions d'euros de dotations publiques après son mauvais résultat aux dernières législatives, à partir desquels sont calculées les aides attribuées aux formations politiques. 

Mardi, l'avocat de Nicolas Sarkozy a contesté le "bien-fondé" des "réintégrations de certaines dépenses". "A coups de 60 à 70 000 euros, cela va vite. Il y avait l'imputation de cabinets de conseil, des prestataires informatiques, des dépenses de propagande, engagées exclusivement par l'UMP pour les législatives et qui ont été remises dans les comptes de campagne....", a-t-il détaillé après son audition, expliquant que "au final, la CNCCFP estime que la campagne a dépassé de 300 000 euros le plafond des dépenses autorisées". Le Conseil constitutionnel - sans Nicolas Sarkozy, membre de droit de l'institution, mais qui n'a évidemment pas pris part à l'étude de ce dossier - n'a pas fixé de date pour rendre sa décision. Celle-ci pourrait intervenir courant juillet. D'ici là, l'UMP retient son souffle.

Gilles Daniel avec AFP
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